Rentrée de vacances
C’est Dimanche, il fait un temps splendide. Les vacances sont terminées. J’ai retrouvé Paris avec ses bagnoles et son air qui pue.
Comme ça pue, j’ai été courir au bois de Vincennes. Une promenade rituelle du dimanche matin. Il y avait un peu de monde : le temps est à prendre l’air.
Le donjon du château a terminé sa toilette. On enlève l’échaffaudage.
Cette construction m’emerveille. Je suis bien content qu’on l’entretienne, qu’on en prenne grand soin. Il y a tout ce que je ne me lasse jamais d’interroger, mon histoire, le passé de mon pays où je n’étais pas encore : le moyen age, le gothique, l’architecture classique, la guerre, le roi, la religion de France. Tout ce dont le peuple s’est emparé lors de la révolution, toute cette beauté qu’il a fabriqué, qui lui appartient aujourd’hui après l’avoir tant craint.
Le lac des Minimes. C’est très joli. Ça me repose de me promener par là. Je me demande ce qu’il faudrait faire pour habiter dans cette maison : jardinier, directeur général du bois, garde champètre ? En tout cas ça me plairait bien de me reveiller chaque matin en ouvrant les volets de ma chambre pour apercevoir ces arbres et cette eau.
Il y a donc un rapport entre les chiens et les vélos…
Allez, finie la promenade, on rentre à Paris.
Tiens une nouvelle pub, sur les murs de ma ville.

Et celle-là, que dit-elle cette image ? Laisserait-elle entendre qu’on avait les cheveux sales parcequ’ils étaient longs ? Qu’ils étaient sales parcequ’on n’avait pas de shampoing à 1,20€ ? Que maintenant qu’on a du shampoing a 1,20€ on n’a plus de raison de lutter ? Et bien il se trompe l’Edouard : on avait les cheveux sales et longs parcequ’on avait des choses plus importantes à faire qu’a les laver nos cheveux.
Puis avec son slogan, l’Edouard voudrait nous faire croire qu’il lutte pour le pouvoir d’achat : plus on aurait de pouvoir d’achat, plus on irait le dépenser dans ses magasins, doit-il penser. Il croit même pouvoir nous dire, lui qui est un grand spécialiste, qu’il n’y a plus que cette lutte-là aujourd’hui. Et bien il n’y est pas du tout. Il y a encore bien d’autres luttes à mener : des papiers pour les sans papiers, du boulot pour les chômeurs à la place des profits qu’on nous vole, partager les richesses que nous produisons, solidarité plutôt que guerre commerciale, respect à la place des insultes. Et ce n’est pas son shampoing à 4 balles qui va nous aider !
Quant aux prix bas, il y a dans l’ile d’Oléron un magasin Leclerc dont les prix sont les plus chers de toutes la Charente.
J’aime les ruines industrielles, les friches, les trucs monumentaux et abandonnés du 19 et du 20ème siècle.
C’est une manifestation, une trace de l’activité des ouvriers et des ingénieurs de la période qui m’a juste précédée, qui ne sert plus à rien et qui m’évoque selon les jours Zola, l’industrie soviétique ou les délocalisations.
Il y a encore quelques coins comme ça à Paris (encore parceque ça semble ephémère, ça tend à s’effacer, à se faire remplacer par du neuf, du moderne, du clean, du verre ou de l’acier), des coins où l’on peut renifler les traces de ces temps évanouis. La photo a été prise à la Porte de Charenton, au dessus du complexe ferroviaire qui mène à la gare d’Austerlitz.
Comme par exemple ce truc étonnant, ce vestige qui s’efface, cette ligne de chemin de fer que l’on aperçoit par endroit dans le sud de Paris et qui ne sert plus à rien, avec ses tunnels, ses entrées directes vers les catacombes, ses vieilles gares metalliques. D’autant que dans le même temps on est en train (si je puis dire) de bousculer tout le sud de Paris pour installer un tramway à même pas 500 mètres de cette vieille ligne.
Les trains, les voies de chemins de fer : on dirait une civilisation qui a perdu. Maintenant on veut des voitures individuelles ou des avions pour aller loin. Et des camions pour distribuer nos gadgets que des bateaux nous apportent de là où ça ne coûte rien que de la sueur humaine pour les fabriquer.
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