Un coup de Dieu
Aujourd’hui dimanche 4 septembre, il fait toujours très beau et chaud à Paris. Alors balade… de dimanche avec un petit hommage au bon dieu.

L’ancienne église de l’abbaye clunisienne de Saint Martin des Champs, sans doute la plus ancienne attestation parisienne du gothique, est aujourd’hui un musée, le musée des arts et métiers. Un musée entièrement refait ces dernières années où l’on s’émerveille des inventions de nos ingénieurs… Quand je m’y promène c’est une réverie de gosse qui me prend, j’y retrouve le train électrique et le meccano de mes souvenirs.
Un petit tour par l’église Saint Eustache qui donne sur l’ancien quartier des Halles de Paris. Aujourd’hui on appelle toujours ce quartier « Les Halles» mais ce n’est plus que le nom d’une station de métro située au centre de Paris, la plus grande sans doute où plusieurs lignes se croisent avec celles du réseau express régional.
Au dessus de ces interconnexions où se croisent chaque jour des milliers de parisien et de banlieusards, il y a un centre commercial, puis de la verdure et puis cette église qui est réputée pour la qualité de son orgue.
Et par là c’est l’entrée de l’église au fond d’une impasse bordée d’un immeuble à l’architecture classique.

La place des Victoires, l’une de mes places préférées de Paris, construite par Mansart au 17ème. Avec Louis XIV statufié au milieu. Si j’étais riche, c’est là que j’habiterais. C’est une place ronde dont les facades d’immeubles qui la bordent sont également rondes. Un joyaux d’architecture classique, le Paris de Molière, de Racine, situé à deux pas du Palais Royal… Là c’est juste une photo en passant parceque j’ai décidé de vous emmener au Sacré Coeur. Ce dimanche matin, je suis saisi par le sacré.
Pour monter sur la butte Montmartre, je prends le funiculaire. Ce dimanche matin, il y a surtout des touristes plutôt agés qui partent ainsi à l’assaut des obligations touristiques parisiennes.
Et voilà cette monstrueuse construction qui se dresse au dessus de Paris et qui fut construite dans un grand mouvement de reconquête catholique post révolutionnaire. Il faut dire qu’une grande abbaye bénédictine occupait l’ensemble de la colline avant la Révolution française, date où les religieuses furent guillotinées et l’abbaye détruite.
Or donc en septembre 1870, l’armée impériale de Napoléon III est défaite à Sedan et le roi est fait prisonnier tandis que la population parisienne est soumise à un siège interminable imposé par les Prussiens qui campent aux portes de la ville ravagée par le froid et la faim. Piteusement vaincu, Napoléon III capitule et la IIIe république naît de ce désastre au grand dam des conservateurs, monarchistes et catholiques.
Mais en janvier 1871, deux notables parisien du parti catholique, Alexandre Félix Legentil et Hubert Rohault de Fleury, jettent sur papier le brouillon d’un « voeu national» cautionné par un Jésuite, le Père Ramière, d’ériger, à Paris, une église consacrée au Sacré-Coeur de Jésus pour faire amende honorable de leurs péchés et en expiation des horreurs de la Commune et du siège de Paris.
Le 18 janvier 1872, le nouvel archevêque de Paris, Mgr. Joseph-Hippolyte Guibert approuve le projet et réclame le sommet de la colline Montmartre afin « qu’un temple soit élevé pour rappeler la protection divine sur la France et la Capitale et qu’il soit placé sur un lieu qui domine Paris et puisse être vu de tous les points de la Cité» . Les travaux commencent en 1875, finissent en 1914, l’glise est consacrée après la fin de la première guerre mondiale en 1919.
Moi je trouve ce temple épouvantable. C’est mastoque, lourd, sans grâce et fait sans aucune audace ni invention. Il rappelle en plus macarron les constructions de Marseille et de Lyon, Notre Dame de la Garde et Notre-Dame de Fourvière. On appelle ça du romano byzantin ! On est pourtant bien loin de Sainte Sophie.

Par chance il y a devant un jardin tout pentu par lequel on descend vers la ville. J’admire le travail des jardiniers de Paris. En particuliers leurs compositions florales qu’ils savent aujourd’hui réaliser avec goût et diversité dans la plupart des bosquets parisiens.
C’est coloré sans excès avec des teintes plus pastel que jamais. Même les verts des tiges et des feuillages sont apprivoisés pour composer ces massifs doux et flous parfois. Bien qu’on soit maintenant en septembre, il y a toujours des fleurs d’été tant la température est encore estivale.
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