L’appel du mollet ¶
Depuis quelques jours, ça me démange, ça me titille. Un appel du mollet, une crampe des fessiers. Je suis en manque. En manque de vélo. Alors, je reluque, je mate, je zyeute. Toutes celles qui passent, je les dévisage. Et surtout je les envie, j’aimerais être à leur place. Je leur dirais bien de se pousser, que j’enfourche leur bicloune . Voilà, je suis privée de vélo, clouée au sol, rivée au plancher. Mais pourquoi, oui, pourquoi ? Vélo cassé, vélo égaré, vélo volé ?? Oh que non, vélo remisé, qui dort sagement en attendant sa belle. Pourquoi, alors, oui pourquoi ?
Et bien… j’ai eu un bébé. Un magnifique petit garçon. Et mettre un nouveau-né sur un vélo, c’est pas la panacée à Paname. Les Hollandais n’hésitent pas, mais les Parisiens, si, si… Imaginez un nouveau-né coiffé d’un casque de vélo, et protégé du soleil par une ombrelle !! Un peu rock n’ roll, tout de même. Alors, en attendant que mon petiot grandisse, je me languis, et je me souviens…
De l’air qui caresse le visage et le dos, du vent qui fouette en hiver, qui rafraîchit délicieusement l’échine en été, de tous les plaisirs cyclistes.
Je vois mes mains sur le guidon, mon pied en appui au sol, à l’arrêt, guettant le feu vert pour me remettre en selle, je sens mes muscles se tendre. Je regarde chaque cycliste, jauge sa condition physique et son équipement, en me disant : bientôt mon tour… Et je rêve…
Je rêve au moment où je sortirai mon vélo du garage, le réveillant d’une caresse de son long sommeil enchanté, je rêve de le mener paître sur les petites routes de montagne, de lui offrir de riants pâturages, de belles voies vertes comme celle de Forges-les-Eaux à Dieppe…
Je rêve d’une virée en tandem avec mon amoureux, de paroles codées entre le captain et le stoker, je rêve d’aller au ciné en vélo, de faire mes petites courses en vélo, d’emprunter la rue de Tolbiac-Alésia le matin et le soir, axe est-ouest, en ayant chaque fois le soleil dans les yeux. C’est si bon d’être aveuglée ! Même le temps gris, incertain, douteux, me manque… la peur de l’averse qui approche, m’incitant à forcer l’allure pour arriver à temps à la maison.
Tout est bon dans le vélo, comme dans le cochon, tout me manque, tout me tente ! Vive la petite reine !!
Laisser une réponse
Vous devez etre connectez Pour poster un commentaire
